Je te salue Blanca

Oui je la joue à l’espagnole en tutoyant Bianca Li. Et aussi parce que c’est une artiste qui m’apparaît chaque fois tellement proche de nous, simples spectateurs. Rien qui nous mette à distance jamais, même le programme est lisible par tout un chacun, c’est pour dire.

Je salue donc Banca Li pour cette envoûtante chorégraphie qu’elle nous offre dans Solsticesa dernière création au Théâtre National de Chaillot. Le spectacle magnifiquement interprété par 14 danseurs et un percussionniste très percutant est au plus près des préoccupations du présent : la Nature toute puissante mais fragile et l’Homme tout aussi puissant mais ridiculement petit quand les éléments se déchaînent. Une rencontre pour le meilleur et pour le pire. On pourrait même dire que ça tombe à pic au moment du grand défilé des Irma, José, Maria et autres et du séisme mexicain. La proximité des dernières catastrophes naturelles et de cette création n’est sans doute pas sans rapport avec la façon dont Solstice m’a touchée, moi et toute une salle debout pour une « standing ovation ». C’est universel, l’audience parlait toutes les langues, Espagnol beaucoup bien-sûr mais j’ai aussi capté un sincère « … for my first time at Chaillot, it was wonderful… » sur les marches à la sortie.

La scénographie particulièrement réussie est sans doute une des clés de l’envoûtement : Un ingénieux système de légers voiles suspendus en hauteur et toujours en mouvement, sur lesquels sont projetées des vidéos qui plongent les danseurs quasi dénudés (ou faussement nus) tour à tour au cœur d’un volcan, d’un ouragan, d’un désert ou les immerge dans des eaux plus ou moins calmes. L’évocation de l’élément terre où la danse se fait tribale sous une pluie de sable noir est efficace. Mais mon coup de cœur va aux percussions en live et au talentueux musicien et chanteur, Bachir Sanogo qui a su m’emporter bien loin et me faire croire l’espace d’un instant que les danseurs s’éclaboussaient en sautant sur un lac qui n’était qu’une simple projection sur scène. Rien de très sophistiqué, des mains qui frappent au bon moment la surface d’un aquarium posé sur le bord de la scène et le résultat est magique.

Je n’oublie pas non plus la pointe d’humour toujours présente dans les spectacles de Blanca Li et qui ne faisait pas défaut dans Solstice, notamment quand les danseurs se sont mis à s’aspirer mutuellement et à s’agglutiner les uns aux autres, comme des ventouses,  dans un drôle de tableau !

Une création belle et sensible qui nous remet bien à notre place et nous rappelle qu’il est grand temps d’agir pour la planète.

Solstice de Bianca Li à Chaillot – Théâtre National de la Danse jusqu’au 13 octobre 2017 puis en tournée ici

Solstice Blanca Li
Solstice Blanca Li – Salut du 24 septembre 2017 à Chaillot

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