Je ne répéterai rien

Malgré le titre de cet article, mes doigts qui courent sur le clavier brûlent de faire un peu de délation autour de cette jolie idée qu’est la Confesse dans le cadre du Festival Paris l’été. Oui toujours le même, et ce n’est pas fini a priori. On est « hors saison » et mon été à Paris dans sa relative et agréable tranquillité est ponctué de délicieux moments offerts par le festival.

C’est sous le soleil de midi que j’arrive au rendez-vous dans la cour de la mairie du 9ème et que je découvre le confessionnal qui, à ma surprise, laisse entrevoir 2 paires de pieds derrière le rideau qui cache les « écoutants ». On peut donc venir jouer les curieux pénitents en duo. La situation est cocasse. La cour de la mairie à l’air d’une église civile avec cette petite boîte à confesse au milieu du va-et-vient des mariages du samedi. Sébastien Gindre est enfermé derrière son moucharabieh et c’est lui qui va choisir pour nous les extraits d’un livre après nous savoir demandé si on voulait entendre de la poésie, un conte, un roman…

Après un peu d’attente – le plaisir ne fait pas bon ménage avec le chronomètre – il n’y a plus qu’à s’asseoir derrière le rideau et à écouter un texte inconnu dont le sujet se dévoile au fil des extraits choisis. La boîte est en plein soleil et au début j’ai du mal à me concentrer sur la voix de mon confesseur dont je me dis qu’il doit suffoquer dans son placard et à cause du brouhaha des cortèges de mariés qui n’étaient pas prévus au programme.  Et puis, le texte remplit notre petit espace temporairement partagé, il prend le dessus sur les éléments extérieurs, on se laisse envahir bien volontiers. Et je (re)découvre combien il est bon d’écouter quelqu’un me faire la lecture et à moi seule, un luxe.

J’avais choisi d’entendre un roman et j’ai donc découvert à travers la voix du lecteur des extraits de « La claire fontaine » de David Bosc, auteur contemporain originaire de Carcassonne dont je n’avais jamais entendu parler. Le roman parle des années d’exil en Suisse de Gustave Courbet, condamné pour avoir pris part à la Commune de Paris. Le maire du 9ème de l’époque n’est d’ailleurs pas étranger à cette condamnation, drôle de coïncidence. Le texte est un peu costaud, riche en descriptions mais elles sont tellement bien « peintes » qu’on y voit bien les ravages que le temps fait sur les hommes et les femmes, leurs rides, leur corpulence, leur caractère …

Pendant l’attente dans la cour, j’avais plongé la main dans la petite boîte à livres posée au sol et pris un livre au hasard pour faire passer le temps. Je suis tombée sur « Textes sans paroles » de Ylipe (Philippe Labarthe) qui m’a beaucoup fait rire. C’est un recueil d’aphorismes dont en voici quelques-uns de mémoire : « Je ne me dis pas tout » , « Les nuages prennent rarement une forme de nuage », « Quand on me présente à quelqu’un, je n’entends que mon nom ». Deux découvertes d’auteurs en l’espace d’une demie-heure, une belle moisson.

Bref, c’est une bonne expérience que je conseille fortement. Confesse est gratuit, il suffit juste de réserver un créneau horaire de 20 mn dans l’un des lieux parisiens où sont posées les petites boîtes vertes sous forme de confessionnaux « bi-places ». Il est encore temps.

Une réflexion au sujet de « Je ne répéterai rien »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s